La fronde s'organise contre les projets de densification

Sauvegarde Genève • 7 février 2018

Article de la Tribune de Genève - 07.02.18

La fronde s'organise contre les projets de densification

Hasard du calendrier, trois grands projets de logements déboulent dans les urnes le 4 mars, dans trois communes: en Ville de Genève, à Bernex et à Chêne-Bougeries. Ils sont âprement combattus. Et cette fois-ci, les comités référendaires ont décidé de s’unir pour dire tout le mal qu’ils pensent de cette densification, au travers d’une nouvelle association citoyenne, Sauvegarde Genève.

«Partout on densifie, on surélève, et partout les habitants rencontrent les mêmes problèmes: voies de communication insuffisantes, écoles surchargées, etc.» s’insurge Pierre-André Marti, l’un des fers de lance de cette plate-forme. «Il y a une crise du logement? Mais par qui et pourquoi est-elle provoquée? La croissance de Genève ne doit pas être seulement pensée en termes quantitatifs, mais aussi qualitatifs», renchérit Christian Gottschall, membre de l’association de défense des propriétaires Pic-Vert.

Trois projets très différents

Les trois projets sont très différents les uns des autres. Au Petit-Saconnex, «c’est le dernier village de la ville de Genève que l’on veut raser, des petites maisons à forte valeur patrimoniale datant du début du siècle passé que l’on veut détruire pour les remplacer par des barres d’immeubles et des tours», dénonce Jean Hertzschuch. Plutôt des immeubles de six étages selon le projet, qui n’est pas encore totalement arrêté.

À Bernex, plus précisément à Saint-Mathieu, il s’agit de 400 logements et d’équipements publics. «C’est le premier maillon du futur Grand Projet Bernex (ndlr: au final 5700 logements et autant d’emplois), précise le conseiller municipal Walter Bisol. On va démolir une zone artisanale, les écoles ne sont pas en place, on nous promet une crèche, etc. Mais rien n’est débattu. Ce projet ne tient pas debout!» martèle-t-il.

Enfin à Chêne-Bougeries, le projet Rigaud-Montagne prévoit onze immeubles de deux à quatre étages sur rez (268 logements) sur une parcelle privée située en zone villas, exploitée jusqu’en 2012 (mais plus depuis) par des maraîchers. «Notre commune est déjà très densifiée, constate Hans Stalder, du comité référendaire. Nous avons réuni 1300 signatures en moins de cinq semaines, preuve que la population se révolte. Nous voulons que cette parcelle accueille une ferme urbaine, un parc public et des jardins.»

Une manif le 24 février

En s’unissant, les comités référendaires et associations de citoyens espèrent faire capoter ces trois projets. Pour se donner davantage de visibilité, Sauvegarde Genève va même organiser une manifestation le 24 février en ville de Genève, afin de dire «stop au bétonnage et aux projets immobiliers démesurés».

Le dernier mot au Canton

Ces référendums s’attaquent aux procédures – déclassements de zones ou Plans localisés de quartier (PLQ) – nécessaires à la construction de ces complexes immobiliers. Elles ont été préavisées favorablement par les trois conseils municipaux respectifs, après plusieurs séances de travail, voire de consultations auprès de la population. Cela a permis de redimensionner les projets, de les doter d’équipements publics ou encore d’espaces verts. Quoi qu’il advienne le 4 mars, c’est le Canton qui a le dernier mot en matière de constructions.(TDG)